Lire Livres Hebdo du 9/12/2016

Editeurs et imprimeurs se donnent deux ans pour élaborer un langage structuré commun qui leur permettra de traiter automatiquement les bons de commande d’impression de livres, les factures, les ordres de livraison, la gestion du papier, l’état des stocks, etc. « Nous constatons une baisse des volumes de fabrication, mais une hausse continue des tirages qui entraînera une forte augmentation des coûts administratifs si rien n’est fait. Notre but est de les maintenir au niveau actuel », justifie Pascal Lenoir. Directeur de production de Gallimard, il est aussi président de Clic.Edit (pour Coordination langage informatique commun-Edition de livres), l’association tout juste créée qui rassemblera éditeurs, imprimeurs, papetiers, compositeurs, etc., pour définir une norme d’échange de données informatisées (Edi).

Le but est de structurer sur un modèle identique tous les documents liés à la fabrication et à la livraison de livres pour qu’ils soient automatiquement lus et intégrés dans la gestion des flux de production, en supprimant les ressaisies à chaque étape. Le principe est identique à l’Edi défini pour les commandes des libraires aux distributeurs, et traitées par Dilicom, mais la complexité des situations est plus importante. Un chef de projet doit être recruté pour organiser ce travail.

Ce projet faisait partie des recommandations de l’étude Imprimer en France : l’avenir de la filière livre, réalisée l’an dernier, que le ministère de l’Industrie s’était engagé à soutenir financièrement si éditeurs et fabricants parvenaient à s’entendre. La recommandation suivante était de mettre en place « un flux d’informations des libraires vers les éditeurs et les plateformes de distribution » concernant les ventes, afin de disposer d’informations fiables et rapides pour les réassorts, les arbitrages entre circuits de ventes et les réimpressions.

En 2015, le nombre de réimpressions (62 575) a bondi de 78 % par rapport à 2006 selon le SNE, alors que celui des nouveautés (44 185) n’augmentait que de 26 %, et que le volume global d’exemplaires imprimés (535,6 millions) reculait de 17,3 %. Le chiffre d’affaires moyen par tirage (nouveautés et réimpressions) a baissé de 57 %, à 24 981 euros. Hervé Hugueny